lundi 30 octobre 2006, par Sophia estennuci
Ce nom est celui du régime qui s’est substitué à la IIIe république à partir de juin 1940. En effet, le 17 juin 1940, le gouvernement Pétain est formé et il va s’installer à Vichy. Le maréchal demande alors l’arrêt des combats contre l’Allemagne nazie. Un armistice est alors signé le 22 juin 1940 à Rethondes, dans le même wagon qui avait servi à la signature de l’armistice du 11 novembre 1918, mettant fin à la première guerre mondiale.
Le 25 juin 1940, Pétain annonce la couleur de sa politique en jetant les bases de la « révolution nationale ». A cette date, la république et sa devise « LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE », doivent s’effacer au profit de cette révolution nationale et de sa doctrine « TRAVAIL, FAMILLE, PATRIE ». Mais, c’est dans le discours du 11 octobre 1940, que Pétain exprime l’idéologie de cette « révolution nationale ».
A titre d’exemple, on peut lire dans ce discours : « Le régime nouveau, ne reposera plus sur l’idée fausse de l’égalité naturelle de l’Homme, mais sur l’idée nécessaire de l’égalité des chances donnée à tous les français, de prouver leur aptitude à servir…Aucun préjugé n’atteindra un français du fait de ses origines sociales, à la seule condition qu’il s’intègre dans la France nouvelle et qu’il lui apporte un concours sans réserve ».
En somme, on exalte la valeur travail. Et tous ceux qui ne travaillent pas sont. en fait. des gens mauvais ou des « mal pensants ». Cette déclaration va permettre de sélectionner les personnes qui méritent d’être françaises. En d’autres termes, cela permet de procéder à l’immigration choisie.
Le régime autoritaire na va cesser de croître.
Petit à petit, les médias vont être muselés, la propagande instaurée, la stigmatisation des juifs va s’accentuer (port de l’étoile jaune obligatoire, propagande sur le fait qu’ils soient reconnaissables à « leurs nez et doigts crochus » comme Satan (ennemi juré du bien représenté par Dieu), qu’ils ne sont que des déchets de l’humanité,…). En 1941, le droit de grève est interdit. Cela évite toute opposition au régime. Cette même année, ont lieu les premières rafles des opposants aux régimes et des personnes juives. Ces rafles sont organisées par la préfecture de police (dont un certain Maurice Papon fait parti).
La police est réorganisée par une loi du 23 avril 1941 sous l’initiative de René Bousquet. Elle devient nationale et se divise en 3 sections : sécurité publique, police judiciaire et renseignements généraux. Bousquet obtient aussi la création des « GMR » soit des groupes mobiles de réserves (aujourd’hui nommés CRS). Des brigades spéciales sont constituées pour traquer les ennemis de l’intérieur soit les juifs, les communistes, … Afin de les y aider, on conçoit un fichier : le fichier Tulard. Les personnes arrêtées, sont déportées mais avant cela, on les parque dans un centre de rétention (centre de Drancy), dans des conditions inhumaines.
Au quotidien, les gens vivent dans la peur de l’autre (grâce à une propagande active en plus de la guerre). C’est sans doute la raison pour laquelle le gouvernement de Pétain n’a rien trouvé de mieux que l’incitation à la délation pour soulager la peur des gens !!! Le couvre-feu est instauré et les élèves doivent chanter « Maréchal, nous voilà ».
En résumé, interrogatoire musclé, délation, rafles d’adultes et d’enfants, stigmatisation des étrangers et des juifs, patriotisme, grande famille, violences, insécurité, sont l’apanage quotidien de ce régime.
On aurait souhaité que cela ne se reproduise pas mais…
L’UMP se veut un parti neuf et réformateur comme l’indique sa charte. On peut y lire la déclaration suivante :
« Cette union, c’est avant tout des femmes et des hommes, d’horizons très divers, mobilisés au-delà de tout clivage par un même idéal, une même foi en l’homme. Cette union s’exprime à travers un mouvement moderne, démocratique, ouvert, divers, respectueux des sensibilités et des cultures qu’il rassemble. L’union, c’est enfin une volonté d’agir au quotidien, à tous les niveaux, afin d’aider avec loyauté, audace et imagination, le gouvernement et sa majorité ». En apparence, cela n’a rien d’affolant. Mais si l’on remet à plat ce que ce gouvernement a fait (ou défait), il y a de quoi s’inquiéter.
En effet, depuis que Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa a élu domicile au ministère de l’Intérieur, l’on voit un durcissement de l’ordre public et un incroyable sentiment d’insécurité se développer.
Ce ressenti n’a pas été uniquement un leurre puisque l’année 2005 a été marqué par un drame violent et sans nom : deux jeunes sont morts électrocutés dans un transformateurs EDF, lieu où ils se sont cachés pour échapper à la police, tandis qu’ils n’avaient rien à se reprocher, sauf peut-être de vivre à Clichy sous bois.
En réponse, le gouvernement n’a pas trouvé mieux que de répondre par la répression face aux émeutes qui ont suivis cette tragédie et d’instaurer un couvre-feu.
Déjà à la rentrée scolaire 2005, une circulaire du ministre de l’Education oblige les enseignants du primaire à apprendre « la Marseillaise » aux élèves, afin de leur inculquer les valeurs civiques. Par contre, concernant les moyens d’éviter l’échec scolaire et de faire savoir aux enfants ce que peuvent être les moyens de vivre ensemble de façon agréable, rien n’est mentionné.
On peut se demander si le fait d’avoir eu Lepen comme adversaire au second tour des présidentielles en 2002, n’a pas laissé croire à l’UMP, qu’enfin les français étaient redevenus bêtes, méchants et soumis. Toujours est-il que la stigmatisation de l’étranger a nettement progressée ainsi que la répression policière.
Mais, grâce au marketing politique dont on nous abreuve goulûment dans les journaux et à la TV, l’on peut aisément identifier une « racaille ».Celle-ci a le type africain (Nord ou Sud, peut importe), est jeune, porte une casquette, habite une cité. Ce genre de personnage que l’on qualifiait de « déchet » dans les années 40, ne présente que du mépris pour les lois de la République, ne veut pas travailler, se regroupe dans les halls d’escaliers uniquement pour nuire au voisinage (et non parce qu’ils n’existent pas d’endroits chauds et accueillants pour la jeunesse) et brûlent les voitures juste pour s’amuser.
Il apparaît donc, selon ce discours récurrent de la part du gouvernement, relayé par la presse, que les « racailles » sont obligatoirement étrangères ou issues de l’immigration. D’ailleurs, certaines personnes pensent même qu’un français est blanc par nature (est-ce prouvé scientifiquement par les laboratoires de l’UMP ?) et que par ce fait un « vrai » français ne se livre pas à de tels délits.
Heureusement qu’un homme (un vrai) est là pour remédier à tout cela : NICOLAS SARKOZY
C’est sous son impulsion que le centre de réfugiés de Sangatte fut fermé en 2003, qu’un fichier type « Tulard » fut créé pour les demandeurs de visas, que la police et les préfectures ont vu leurs pouvoirs accrus notamment sur la question de l’immigration. Dans une circulaire datant du 21 février 2006, il donne les moyens d’organiser la chasse à l’étranger. Cela rappelle l’époque de Laval, Bousquet et autres participants au gouvernement de vichy. Dans une conférence de presse datée du 08 juin 2006, il incite à la délation en recourant au témoignage anonyme pour luter contre la délinquance.
Mais tout ceci va plus loin encore, car derrière se cache la volonté d’attribuer, dune part, la responsabilité d’une insécurité (créée par ce même gouvernement) à une certaine catégorie de la population et d’autre part, sous couvert de réguler l’immigration et de remédier au « problème » des clandestins, on instaure l’immigration choisie. Ce système n’est pas nouveau car il a déjà été adopté en d’autres temps sous Vichy. Il consiste à sélectionner les personnes qui méritent qu’on leur donne une carte de séjour car elles ont un potentiel intéressant (comme par exemple les médecins étrangers qui travaillent bien et que l’on peut sous-payés) et les autres. Ces derniers n’ont rien à faire en France et l’on se demande ce qu’ils font ici puisque rien de grave ne se passe dans leur pays d’origine. Il faut donc les renvoyer chez eux et pour cela il existe des tas de moyens, dont la presse écrite ou orale ne fait pas l’écho cette fois-ci. A titre d’exemple, l’on peut citer le cas de personnes convoquées par la préfecture pour soi-disant régulariser leur situation. A leur arrivée, ils étaient attendus par la BAC .
D’autres témoignages ont permis de montrer que la police se permet d’intervenir au sein même des écoles et embarquent des enfants afin de faire pression sur les familles. De tels agissements n’avaient plus été pratiqués depuis la fin de la seconde guerre mondiale.
Tout ceci n’est qu’une infime partie de ce que fait l’UMP. Mais au regard de ces quelques exemples, l’on est en droit de se demander ce que veut réellement ce gouvernement. En effet, ils (Chirac, De Villepin, De Robien, Fillon, Sarkozy,…) ne cessent de nous rebattre les oreilles qu’il faut innover, que la réforme est nécessaire. Oui, mais pour qui ? Et est-ce une vraie volonté de faire évoluer la société ou est-ce plutôt un plagiat des méthodes pétainistes afin d’asseoir leurs privilèges et leur despotisme ?
Sarkozy propose par exemple de supprimer le poste de premier ministre, ce qui laisserait la place à un régime présidentialiste comme aux Etats-Unis.
Par référence au passé, il s’avère dangereux de confier les clefs du pouvoir à une seule personne.
Puisque nous avons encore le pouvoir d’utiliser notre cerveau, servons nous-en dans les mois à venir, afin d’éviter une réforme de nos institutions, qui, sous couvert d’avancée sociale, nous propulserait de la Ve République à la IIIe et non pas à une Vie. Le régime nazi n’est plu, le gouvernement de vichy non plus, mais les étrangers sont toujours mal vus ainsi que les français ayant des origines non européennes et les méthodes pour stigmatiser l’immigré sont toujours d’actualité.
5 mars 2008 11:37
29 avril 2008 19:00, par Allen Bougifit
Les propos tenus dans les textes engagent ceux qui les signent. On ne va pas pratiquer la censure. C’est un point de vue, comme vous avez le votre que nous publions afin qu’il soit public et également pris en compte.
Maintenant que vous jugiez ce texte pitoyable est votre droit, mais n’hésitez pas à argumenter et à montrer ce qui selon vous permet de contrer les idées, propos et arguments de son auteur.