Accueil du site > Economie et social > Economie > Opérateurs télécoms. La concurrence, une réalité ?
Suivre la vie du site  RSS 2.0 | SPIP
  • Article

  Opérateurs télécoms. La concurrence, une réalité ?

mardi 10 octobre 2006, par Arnold Claye

Depuis quelques années déjà, le secteur des télécommunications est « ouvert » à la concurrence. France Télécom a donc perdu son monopole d’Etat. Où en est ce secteur ?

Avec la « libéralisation » des télécoms, France Télécom a donc perdu son monopole d’Etat. Ce monopole d’Etat garantissait d’une part une mutualisation des coûts liés à l’accès au téléphone (et à l’entretien des lignes) et d’autre part une volonté de permettre à chacun un accès à ce téléphone. Tout ceci sans aucun but de dégager des bénéfices. Et si bénéfices il y avait, ils revenaient dans les caisses de l’Etat pour subvenir à d’autres entreprises déficitaires (Le courrier ou la construction navale par exemple)

Reste qu’aujourd’hui, le but de France Télécom n’est plus celui-ci (le titre FT est d’ailleurs côté à la Bourse de Paris depuis quelques années). Le but est bien évidemment de dégager des bénéfices pour les actionnaires.

Dans ce contexte, avec la libéralisation du secteur, beaucoup d’acteurs ont investi le marché (Free, Tele2, Onetel, Neuf Telecom, Cegetel, Tiscali, Alice...). Cela a donc créé une concurrence pure et parfaite (quoique, les tarifs de France Télécom étaient imposés par l’ART – Autorité de régulation des télécoms – qui se nomme maintenant ARCEP). Cette pseudo concurrence artificielle a eu pour conséquence de faire baisser massivement les prix (Accès téléphonique, accès à internet...). Certains acteurs ont même pratiqué ce qu’on appelle le dumping (vente à perte) sur certaines cibles (les particuliers en l’occurence).

Ces acteurs ont donc investi massivement le secteur pendant quelques années jusqu’au début 2006 où la donne a complètement changé. Depuis le début 2006, un phénomène de concentration dans le secteur se produit. Seuls 3 ou 4 acteurs sont destinés à rester sur le marché. Ainsi, Neuf et Cegetel ont fusionné au début 2006. Puis, milieu 2006, AOL a rejoint le bloc Neuf Cegetel. Après de multiples rachats / fusions, il ne reste sur le marché que quelques acteurs. Cette structuration de l’offre forme un oligopole (les offreurs formant d’ailleurs une sorte de « trust »)

Allons-nous assister à des accords sur les prix (phénomène de trust donc) ? Le consommateur sera de toute façon perdant dans ces évolutions pour la simple et la bonne raison que d’un monopole public (avec comme objectif non de faire des bénéfices mais de proposer du service public) le secteur se retrouve en situation de monopole privé (l’oligopole étant une forme de monopole quand il y a accord sur les prix). Les prix du monopole privé étant largement plus élevés que ceux du monopole public à l’équilibre. Notons d’ailleurs que ce phénomène s’est produit pour la téléphonie mobile avec comme conséquences des prix extrêmement proches d’un opérateur à l’autre.

Quoiqu’il en soit, ce processus n’est que l’aboutissement d’un capitalisme et d’une concurrence soit disant pure et parfaite. Les "gros" mangent les "petits", ce qui a pour conséquences un monopole privé bien moins avantageux pour le consommateur. Les services / entreprises publics sont aussi complètement démantelés par ces actions de dumping économique. Par ailleurs, ce dumping économique est souvent lié à un dumping social pour réduire les coûts.

Répondre à cet article