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Le fameux deficit de la sécurité sociale (ou protection sociale)

  Le fameux deficit de la sécurité sociale (ou protection sociale)

Le fameux deficit de la sécurité sociale (ou protection sociale)

dimanche 1er octobre 2006, par Arnold Claye

Ce sujet est vaste car la protection sociale touche de nombreux domaines : la sécurité sociale, les retraites, les soins... Le déficit de cette institution est abordé dans cet article.

Etat des lieux et contexte

Les médias « dominants » ne présentent souvent que le problème du point de vue des dépenses, mais qu’en est-il des recettes ?

Le fait est que depuis de nombreuses années, les caisses de la sécurité sociale sont dans le rouge. Est-ce une volonté politique ?

La croissance économique ne devrait-elle pas profiter à cette institution ? Quel(s) est(sont) le(s) choix du / des gouvernant(s) sur ce point ?

Les comptes de la sécu

Il est assez complexe d’obtenir des chiffres « sûrs » dans la mesure où les comptes de la sécurité sociale sont peu transparents.

Les comptes présentent des points assez flous. Dans une optique historique, comment justifier un déficit alors que pendant des années, la sécurité sociale était en excédent ? Où sont passés les fonds excédentaires ? Impossible de répondre à cette question. Ce point est le plus flou.

Concernant les recettes de la sécurité sociale, force est de constater que les entreprises (et d’autant plus les grosses qui ont des moyens de pression importants) ont de plus en plus de mal à accepter ce système de redistribution et de solidarité. Elles multiplient donc les appels aux allègements de charges sociales. Ces allègements de charges (justifiés ou non, avec ou sans contre-partie(s)) ont forcément un impact sur les recettes de la sécurité sociale. D’un autre côté, les charges sociales payées par le salarié augmentent. Mais ce n’est visiblement pas suffisant pour enrayer le déficit.

Pour résumer concernant les recettes, la part des charges « patronales » diminue et celle des charges payées par le salarié augmente.

Ce déficit est-il le résultat d’une volonté politique ?

Les politiques menées par les gouvernements pendant 10 ou 15 ans n’ont pas vraiment eu pour but de « renflouer » les caisses de la sécurité sociale...

La cour des comptes a justement émis un rapport concernant les politiques d’emplois aidés et leur impact sur les comptes de la sécurité sociale et sur le marché de l’emploi. Ce rapport confirme clairement que ces politiques ne sont, en général, pas efficaces en terme d’emploi mais surtout aggravent largement le déficit de la sécurité sociale.

Quoiqu’il en soit, les récentes mesures prises par le gouvernement (mené par Dominique De Villepin) sont en complète contradiction avec la notion réduction du déficit de la sécurité sociale. Pourquoi ? Les récents aménagements pour les entreprises (CNE par exemple) n’ont aucun impact sur l’emploi. Un article intéressant d’Alternatives Economiques le confirme. Malgré cela, le gouvernement continue dans sa lancée en promettant pour juillet 2007 des allègements de charges pour les PME et TPE (ce qui en soit n’est pas une mesure néfaste pour l’économie en théorie). Seulement le problème, c’est que ce même gouvernement a abrogé une loi obligeant l’Etat à compenser les allègements de charges faits aux entreprises. Les « cadeaux » faits aux entreprises (et futures élécteurs ?) ne sont donc pas financés par l’Etat mais bien par le déficit (et accessoirement par les salariés puisque la part de leur financement tend à augmenter) de la sécurité sociale.

Et l’avenir de la protection sociale alors ?

Reste que la population allant en augmentant, il semble normal que les dépenses augmentent au rythme de l’évolution de cette population.

Les diverses interventions des politiques évoquent systématiquement la faute aux bénéficiaires et donc aux dépenses de sécurité sociale. Il y aurait trop de dépenses « sociales ». La population est donc coupable de ce déficit. C’est pour le moins logique dans la mesure où les autres acteurs de l’économie ne sont pas bénéficiaires. Ce n’est donc pas une grande nouvelle :)

Il est donc clair que la réduction de ce déficit n’est pas une priorité et que cela laissera dans l’avenir la place à des systèmes de protection sociale privés. Dans ces conditions, seules les personnes ayant des moyens financiers suffisants pourront se permettre d’avoir une protection sociale convenable.

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