lundi 2 octobre 2006, par Sophia estennuci
La notion même de liberté fait rêver. On pourrait définir la liberté comme étant « la capacité de faire »ou « le droit de faire ». Certes, il faut des limites à cela et il en existe fort heureusement. On n’a pas le droit de tuer, torturer, voler, détourner de l’argent (quoique il semblerait que cela soit admis pour certains. Mais peut-être ont-ils eu la liberté de croire que cela faisait parti de leurs prérogatives de puissances publiques). Dans un état de plus en plus fascisant, il est difficile d’en user. Il n’y a qu’à écouter la radio, regarder les infos de 20H,…. Ce mot n’est quasiment jamais utilisé. Et lorsqu’il apparaît, c’est pour exprimer « la liberté d’entreprendre » donc dans son sens le plus libéral. Ou bien alors, ce terme sert à cautionner son contraire, à savoir une interdiction. Par exemple, vous avez le droit d’être un consommateur actif (c’est même un devoir). Cela signifie que vous avez la liberté d’acheter ce que vous voulez (dans la limite de la légalité) : CD, tabac, voiture,… Par contre, en ce qui concerne l’utilisation de vos biens, la liberté est beaucoup plus restreinte. En effet, si vous souhaitez écouter votre nouveau CD mais que ce dernier se trouve protégé, tant pis pour vous, car vous n’avez pas la liberté de casser les protections. Vous n’avez pas non plus la liberté d’en faire une copie car on ne sait jamais, vous pourriez avoir l’idée saugrenue de la prêter à un ami !!!(cf. la loi DADVSI du 30/06/2006 et les conditions dans lesquelles elle a été adoptée). Mais ceci n’est qu’un petit exemple parmi tant d’autres.
La seconde notion est celle de l’égalité que l’on pourrait définir comme étant la capacité pour chacun d’entre nous d’avoir les mêmes droits et obligations que les autres. Certains vous diront que nous sommes égaux en droit mais pas dans les faits. Seulement, si l’on trouve des situations corroborant ces dires, c’est donc que tout est mis en œuvre pour que cela soit possible. Si l’on prend la notion d’égalité devant la justice à titre d’exemple, il ne devrait pas y avoir de différence entre un employeur fictif lambda et un ancien maire. Pourtant, il y a un fossé énorme entre les deux car le premier n’est pas protégé par une immunité présidentielle ou autre. Autre exemple, un chauffard lambda écrase une personne. C’est affreux et il est normal (là tout le monde est d’accord) pour qu’il soit traduit en justice. Mais, si le chauffard en question relève d’une ambassade quelconque ? La situation est toujours affreuse mais la diplomatie prime cette fois sur la vie d’une personne, justifiant ainsi l’inégalité de traitement pour les chauffards mais aussi pour les victimes. Au lieu de prôner, la « tolérance zéro » soit « l’intolérance totale » auprès des gens, certains seraient bien avisés de rééquilibrer la notion d’égalité entre les citoyens et les représentants de l’Etat.
Enfin, la dernière notion est celle de fraternité. Seulement là, on peut se demander si quelqu’un se souvient encore de sa définition et surtout de son application. Logiquement, ce mot caractérise la solidarité entre les peuples, entre les citoyens,… Or, il y a peu d’initiatives en la matière de la part de nos dirigeants.On peut noter un regain de solidarité lors des manifestations anti-CPE mais ce n’était pas du tout l’œuvre du gouvernement (qui soit dit au passage, a tenté de nous faire croire que ça n’était pas la rue qui gouvernait ! En ce cas, inutile de se balader dans les hauteurs de la sphère politique pour sortir de telles inepties). S’il existe si peu d’initiatives en matière de fraternité, c’est que cela ne doit pas être rentable. Il n’y a qu’à se souvenir de l’été 2003 pour se rendre compte que la fraternité ça n’est vraiment pas la tasse de thé du gouvernement. Si ces trois mots sont la devise de l’Etat, alors il faut que ces principes existent réellement. Car, la liberté de pouvoir s’exprimer et d’être entendu se doivent de ne pas être bafoués par nos soi-disant représentants. L’égalité n’est pas une chose insignifiante comme on tente de nous le faire croire. Evidement, elle suppose qu’il n’y ait pas de privilèges, or ceci semble s’avérer difficile à accepter pour certains des citoyens qui se sentent différents et supérieurs à la masse. Enfin, la fraternité (qui s’oppose à la notion d’individualisme si vantée par nos dirigeants) doit trouver sa place dans un ministère. Ces trois principes définissent en eux-mêmes ce que devraient être les préoccupations du gouvernement. Car ne leur déplaisent, et bien qu’il se défendent du fait que, par exemple, le social ne soit pas une des fonctions régaliennes de l’Etat (comme le sont la justice, la défense et l’intérieur), ces trois notions sont inscrites dans la constitution. Il est donc impérieux que les représentants de l’Etat jouent leur rôle au lieu de se croire au dessus des lois. C’est grâce à l’intervention du peuple qu’ils sont là, non pas à la volonté divine.